La Libye a rejeté les demandes de la Suisse dans le conseil des droits de l'homme PDF Imprimer

Lundi, 15. Novembre 2010

La Libye a réagi vendredi aux recommandations faites mardi lors de l'examen de son rapport par le Conseil des droits de l'homme. Elle a rejeté la plupart des demandes des pays occidentaux, dont la Suisse, tout en réservant sa décision sur d'autres.

Au total, la Libye a accepté 66 recommandations faites par les Etats, a repoussé sa décision à la prochaine session de mars 2011 sur 29 et a rejeté 25 autres propositions.

Les 66 recommandations acceptées viennent avant tout des pays amis, arabes et africains, et portent sur l'amélioration des droits de la femme, la lutte contre le trafic des êtres humains, l'éducation et la santé.

"Nous ne pouvons pas accepter les demandes contraires à notre religion, à notre culture et à nos traditions", a déclaré à Genève le chef de la délégation libyenne, le vice-ministre des Affaires étrangères Abdelati el-Obeidi.

Moratoire sur les exécutions

Parmi les 29 demandes sur lesquelles Tripoli réserve sa décision jusqu'en mars, se trouvent les recommandations de la Suisse d'autoriser la visite du groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire et de lui donner accès à tous les lieux de détention; ainsi que d'adopter un moratoire sur les exécutions en vue d'abolir la peine de mort et de supprimer les châtiments corporels dans la loi et la pratique.

La Libye a, par contre, refusé d'emblée une autre demande de la Suisse de libérer les personnes en détention administrative et de mettre fin à la détention arbitraire et à la torture. Elle a cependant accepté la demande helvétique "d'abroger tous les articles criminalisant la liberté d'expression" - tout en rejetant par la suite "toute mesure destinée à protéger les droits aux libertés d'expression et d'association".

Tripoli a refusé une enquête sur tous les cas de disparition forcée, demandée par la France. Il a également rejeté l'adoption d'une législation sur l'asile, la signature d'un accord avec le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) pour formaliser sa présence en Libye et lui donner un plus grand accès aux migrants et demandeurs d'asile, exigées par les Etats-Unis.

La Libye a refusé en outre l'abolition immédiate de la peine capitale, la publication de la liste des personnes tuées en 1996 dans la prison d'Abou Selim avec certificats de décès, la suppression des cours spéciales, le principe de l'indépendance de la justice.

Débat important, selon des ONG

Khaled Saleh, de Libyan Human Rights Solidarity (LHRS), une ONG basée en Suisse, a remercié les pays occidentaux, dont la Suisse, pour leur "participation constructive" au débat.

Hassiba Hadj Sahraoui, directrice pour le Moyen-orient à Amnesty International, a jugé positif le fait que la Libye ait dû se justifier devant le Conseil sur son respect des droits de l'homme.

"Cet examen par le Conseil était important. Il est tellement rare que l'on parle de la situation des droits de l'homme en Libye", a déclaré pour sa part Heba Fatma Morayef, d'Human Rights Watch. Elle a fait remarquer que la Libye, élue au Conseil en mai, ne pouvait pas se permettre de refuser toute coopération avec l'ONU.

Source: SDA

 

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