Le 29 septembre, "le jour avant la réunion, ma voiture a été cambriolée. Mon ordinateur portable, mon GPS, un dossier de 45 pages ainsi que trois DVD sur la situation en Syrie ont été volés", a indiqué mardi à l'ats le fondateur du Collectif Jasmin, Shady Ammane, confirmant une information parue dans "Le Temps".
Son pot d'échappement avait par ailleurs été bouché par du papier et du mastic, provoquant une très forte détonation lorsque ce Suisse d'origine syrienne a allumé son moteur. "J'ai immédiatement déposé plainte auprès de la police", a-t-il déclaré. Une plainte qui s'ajoute à celle déposée il y a quelques semaines suite à des téléphones anonymes et des visites étranges à son domicile.
Son cas n'est pas isolé. Mardi, le quotidien français "Le Monde" a fait état d'agressions d'activistes syriens à Paris. Le ministère français des affaires étrangères a protesté dans la journée contre ces actes.
"Nous n'accepterons pas qu'un Etat étranger organise des actions violentes ou des actes d'intimidation sur notre territoire (...) et nous l'avons fait savoir de la façon la plus ferme à l'ambassadrice de Syrie a Paris", a déclaré le porte-parole du ministère, Bernard Valero.
Amnesty dénonce
Amnesty International (AI) a dénoncé mardi le harcèlement et les menaces dont sont victimes les dissidents syriens en exil. Selon l'organisation, des diplomates syriens filment et photographient les opposants qui manifestent devant leurs ambassades dans les capitales étrangères en soutien au mouvement de contestation contre le régime du président Bachar al-Assad.
Dans certains cas, précise Amnesty, des manifestants ont été directement menacés tandis que les membres de leur famille vivant toujours en Syrie ont été harcelés par les services de sécurité. L'organisation évoque même des arrestations, des actes de torture et des disparitions parmi les proches d'exilés.
Menaces téléphoniques, messages via courrier électronique ou sur Facebook: AI dit avoir réuni des informations concernant plus de trente militants syriens en exil dans huit pays (Allemagne, Canada, Chili, Espagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Suède) qui ont été soumis à des formes d'intimidation directe.
L'organisation internationale de défense des droits de l'Homme basée à Londres a demandé aux pays concernés de "prendre des mesures plus vigoureuses contre les ambassades syriennes accusées d'orchestrer ces intimidations". Elle les a en outre appelés à "protéger le droit à la liberté du rassemblement et d'expression".
Source: SDA